Sophie découvre les secrets des agences de mannequins

mannequinLorsque j’ai commencé à couvrir le milieu de la mode, j’ai eu l’idée de faire un dossier sur les mannequins. Ce monde me fascine, depuis que je suis toute petite. Les filles sont grandes, minces, ont des visages de porcelaine et portent des vêtements hors de prix. Je me suis toujours demandé comment les agences de mannequins choisissaient leurs filles. En posant cette question à l’une des agentes du milieu, j’ai découvert un monde totalement différent de ce que j’avais en tête. Voici l’une de ces entrevues.

La vie d’un mannequin, ce n’est pas parfait

Champagne, tapis rouge, produits de luxe et voyages autour du monde, c’est souvent le portrait qu’on se fait du métier de mannequin. Le monde de la mode a un penchant pour le superficiel, mais la vie de mannequin n’est pas de tout repos. Il faut avoir une personnalité robuste et être très ordonné, pour réussir dans le métier.

Dès qu’un mannequin entre dans une nouvelle agence, l’agent analyse son potentiel. Le milieu du mannequinat est une «business» et l’agent exerce un certain pouvoir sur le modèle. «Souvent, les filles commencent dès l’âge de 15 ans. La période de l’adolescence est un temps où l’on se transforme, mais dès que l’on devient mannequin, on n’a pas le droit de changer de look comme nos amis. C’est l’agent qui prend les décisions», explique Marie-Josée Trempe, présidente de Specs.

L’agente raconte que les jeunes filles qui veulent devenir mannequin doivent être déterminées et doivent faire confiance à leur agent. «Parfois, certaines filles se vendent mieux que ce qu’on avait prévu, mais parfois c’est le contraire. On ne sait pas comment le marché va réagir.

Le problème avec les jeunes c’est que leurs parents exercent souvent un contrôle sur leur carrière. C’est bien d’être encadré, mais parfois, les parents veulent voir leur fille travailler encore plus et parfois, ils aimeraient devenir des vedettes à la place de leurs enfants. Ça cause des frictions», avoue Marie-Josée Trempe.

La majorité des mannequins trouvent du travail, mais l’agence Specs avoue prendre six à huit nouveaux visages par année et parmi les nouvelles filles, une ou deux ne trouvent pas de travail durant l’année. «Si les filles ne font pas d’argent et que leur carrière n’avance pas, ça ne me sert à rien de les garder et d’investir du temps sur eux. Je fais tout mon possible, mais c’est l’industrie qui décide. Lorsque le mannequin est persévérant et travaille fort, l’agence les envoie à New York et à Paris pour qu’elle se développe vers 18 ans. Après ce temps, elles sont prêtes à travailler régulièrement», affirme la présidente de Specs.

Le pouvoir du client

Les mannequins peuvent se retrouver avec 10 castings par jour, en Asie. À Montréal, le marché est plus petit et les modèles n’ont pas nécessairement 10 castings par semaine. Dès que l’agent reçoit des demandes de castings, le mannequin est appelé en entrevue, mais chaque modèle a son look et ce n’est pas tout le monde qui se rend au même casting. Le client a des demandes particulières et les modèles ne répondent pas toujours aux critères.

«Lorsqu’un mannequin se rend au rendez-vous, je lui envoie toutes les informations disponibles pour qu’elle arrive bien préparée. De cette façon, le client va aimer travailler avec elle et va la redemander. Quand une fille est nouvelle, nous l’accompagnons souvent dans ses premiers rendez-vous pour être sûrs qu’elle se vend comme il le faut», explique Marie-Josée Trempe.

Les mannequins internationaux aiment venir travailler à Montréal, puisque selon Marie-Josée Trempe, les clients montréalais sont généreux, gentils et professionnels. La réalité est différente et plus difficile ailleurs dans le monde.

La demande du client tend à changer. Les baby-boomers arrivent dans une nouvelle tranche d’âge et veulent se voir représenter dans les publicités. «Un nouveau marché s’ouvre à nous. L’agence emploie des mannequins de 50 ans, puisque les compagnies comme Lise Watier changent leur vision et visent un nouveau marché.»

Cet article a été fait pour Canoë, dans le cadre du dossier « Mannequin ».

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3 Responses to “Sophie découvre les secrets des agences de mannequins”

  1. GenNo Gravatar says:

    Très intéressantt =)

    [Reply]

    SophieNo Gravatar Reply:

    Merci ! :-)

    [Reply]

  2. GenNo Gravatar says:

    Hey, je tenais juste à te dire que je t’ai vu à La guerre des clics. BRAVO =)

    [Reply]

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