Dire ce que l’on pense à la télévision

chelseahandlerAvons-nous peur de dire ce que l’on pense à la télévision québécoise ? Est-ce que les animateurs québécois ont de la difficulté à affirmer leurs opinions par peur de représailles? Ce n’est pas facile d’assumer ce que l’on pense, surtout lorsque notre auditoire est petit et précieux. Il suffit d’une gaffe pour être mis aux oubliettes l’espace de quelques mois, pour faire retomber la poussière. Normand Brathwaite et Guy A. Lepage avaient la tête assez solide, pour être en mesure de rester dans l’univers télévisuel, après avoir fait quelques gaffes, tandis que d’autres animateurs n’ont jamais été pardonnés.

Il suffit de dire un mot de travers ou une blague politicaly incorrecte pour que les Québécois crient au scandale et que les journaux en parlent pendant des semaines. On pointe du doigt l’animateur qui a parlé trop vite ou qui a dit une blague qui a mal passé. Le résultat ?  Des émissions de télévision où la plug est plus importante que la discussion, des émissions où l’ambiance est au neutre et où les débats tombent à plat.

Lorsqu’on regarde chez nos voisins du sud, on se demande pourquoi les animateurs peuvent dire « pénis » 5 fois en quelques minutes et le public ne s’offusque pas. Qu’on parle de Letterman, Conan O’Brian ou Jay Leno, tous ces animateurs ont du front tout le tour de la tête. Ils sont directs avec leurs invités, ils ne s’empêchent pas de dire ce qu’ils pensent ou de faire des blagues sur les personnalités publiques qui font l’actualité. Certes, l’humour américain est différent de celle des Québécois, mais elle est parfois rafraîchissante.

Lors de mon séjour à New York, j’ai écouté quelques extraits de l’émission Chelsea Lately. Oh la la ! Cette animatrice / humoriste amène du nouveau dans l’univers de la télévision. Sa franchise, ses punchs lines, sa répartie et ses invités qui se font parfois massacrer par Chelsea sont des points intéressants de son émission. Depuis 2007, son émission a de très bonnes cotes d’écoute et l’animatrice écrit pour plusieurs magazines importants. Les gens n’ont donc absolument rien contre ses interventions directes et en redemandent.

Pourquoi ce genre d’émission ne fonctionne pas au Québec ? L’audience est tellement petite, qu’il faut être en mesure de plaire à la masse. Aux États-Unis, si l’émission a un bon concept, les producteurs sont assurés de trouver leur type d’auditoire. Au Québec, on ne peut pas se permettre d’avoir des cotes d’écoute de 100 000 personnes, alors on laisse tomber les concepts trop dérangeants. C’est dommage, puisque j’ai l’impression que la télévision est souvent aseptisée. Le Web est donc la meilleure alternative. L’Internet permet une liberté de production, mais l’auditoire n’est pas au rendez-vous. En attendant, je regarde Chelsea et je me dis que ce genre d’animatrice amènerait un vent de fraîcheur dans l’univers de la télévision québécoise. On a besoin de changement !

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